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Echec et mat avec le roi bitcoin et la reine blockchain

Le but de cet article est de démontrer pourquoi bitcoin et les blockchains finiront sans doute par gagner la grande partie d'échecs qui a démarrée en 2009, et qui oppose le camp de la "Monnaie" à celui des "Crédits".


Préambule


Une ère de forte volatilité géoéconomique et monétaire


Malgré la crise des dettes souveraines en Europe en 2010-2012 dans le sillage de la crise financière de 2007-2009, les idées des économistes keynésiens continuent de structurer la vision du Monde des classes dirigeantes, intellectuelles et médiatiques occidentales.


Au risque de décevoir les maximalistes de la "Centralisation" qui souhaitent régulièrement l'extinction de Bitcoin, ou l'éclatement définitif de la bulle crypto, il est très peu probable que la révolution monétaire à laquelle nous assistons puisse être entravée, partout dans le Monde.


Néanmoins, c'est plausible que les pays riches occidentaux soient les derniers à rejoindre cette révolution, puisqu'elle n'est pas désirée sous nos latitudes. A l'inverse, les pays pauvres vont probablement saisir l'opportunité extraordinaire de se libérer de la dette, des institutions monétaires internationales, et des monnaies dites internationales, qui grèvent leurs développements économiques et leurs libertés d'entreprendre. Pour tous ces pays où l'économie marchande est essentiellement tournée vers l'intérieur, la volatilité élevée de bitcoin ne sera pas un soucis au quotidien.


En Occident, les problèmes à court terme ne sont pas du tout du même acabit. Nous faisons face actuellement à des risques économiques comme rarement nous en avons vus ces dernières décennies. Une inflation à des niveaux jamais atteint depuis 40 ans, une structure productive bouleversée par la pandémie et une expansion monétaire phénoménale, un endettement souverain à son paroxysme, et une guerre en Ukraine enclenchée par une Russie belliqueuse, revancharde et sûre de ses atouts énergétiques.


Le mot à la mode dans les journaux dans les prochains mois pourrait être "stagflation", car un atterrissage en douceur de l'inflation sans entrer en récession sera un véritable défi pour certaines banques centrales.


Après une longue période de stabilité du monde occidental (1945 à nos jours), une période de forte volatilité "géoéconomique" est déjà là. Cette volatilité est souvent le signal d'une phase de recomposition en cours.


Le système monétaire international fondé sur le dollar (et le sous-système euro) sera surement lui aussi contesté, car les mutations politiques et monétaires ont souvent été de pair dans l'Histoire. Par exemple, il serait tout à fait logique qu'à court terme, certains pays producteurs de véritables richesses, ne veuillent plus échanger leurs marchandises tangibles contre des dettes des États-Unis ou de l’Europe, puisque la confiance vis à vis de la gestion du dollar et de l'euro a été érodée.


Un capitalisme financiarisé hors-sol


Le capitalisme qui était plutôt un bon système à ses débuts (objectivement le meilleur que nous ayons connu), et qui a permis à des milliards de personnes de sortir de la pauvreté, souffre depuis quelques décennies de dégénérescence en Occident.


Les symptômes sont les crises bancaires, les mauvais investissements massifs, les inflations, les crises économiques, une préférence temporelle élevée, et finalement une société qui a été un peu détournée de certaines valeurs morales.


Avec une faible préférence temporelle, on tend à épargner, à investir, à former du capital et à produire. Avec une préférence temporelle élevée, on tend à consommer et à vivre au jour le jour en cherchant des satisfactions immédiates.


La monnaie fiat sans adossement avec un métal précieux, a été à mon avis la décision historique qui a le plus orientée le Monde ces 50 dernières années. La bifurcation du capitalisme vers une variante financiarisée hors-sol, est une conséquence.


Capitalisme vs Libéralisme


Les Etats (même la Chine) apprécient globalement le capitalisme mais goûtent assez peu au libéralisme, car l'idée principale est la défense des libertés individuelles.


Les Etats ont libéralisés les marchés économiques (capitalisme), en revanche, pour faire face à des dépenses militaires, pour tenir des promesses politiques, ou pour maintenir un certain niveau de vie artificiellement, les Etats ont socialisé la monnaie.


Les propriétés du capitalisme sont la propriété privée, l'intérêt personnel, la concurrence, la liberté de choix et le rôle limité des pouvoirs publics dans la sphère économique. En fonction du type de capitalisme, ces principes de base sont plus ou moins forts.


A la différence du capitalisme, le libéralisme est un courant économique, mais aussi une doctrine politique. La doctrine libérale prône l'existence d'un Etat minimal, mais d'un Etat tout de même, contrairement à l'anarchie ou l'anomie.


Le capitalisme s'éloigne profondément du libéralisme quant au rôle joué par les très grandes entreprises oligopolistiques, voire monopolistiques. Pour les libéraux, ces positions dominantes de certaines entreprises dans le monde sont les "ennemies du marché", puisqu'elles possèdent un pouvoir de marché. Et le capitalisme, dans le but de maintenir des situations monopolistiques à tendance à s'accommoder avec les pouvoirs politiques.


Le capitalisme peut donc être parfois antilibéral.


Certaines formes de capitalisme sont sur le papier plus éthiques et plus performantes, comme le capitalisme entrepreneurial qui génère les grandes innovations.


Le bitcoin une alternative monétaire libérale pas si radicale


Il faut bien comprendre que le système monétaire fiat est une machine à exproprier du pouvoir d'achat dans le futur via la dette, ou dans le présent via l'inflation.


Pour changer le Monde, il faut d'abord changer de récit. bitcoin participe à changer le récit monétaire dans le monde entier. L'idée d'un retour à une monnaie naturelle dure fait son petit bonhomme de chemin.


Ceux qui n'y croient pas un seul instant exècrent l'euphorie ambiante qui accompagne les promesses de transformation de la communauté crypto. Je crois que cette euphorie que certains associent à tord à la seule spéculation et hausse du cours de bitcoin, est d'abord liée au fait qu'un socle de bitcoiners pense avoir compris avant tout le monde que bitcoin possédait des caractéristiques révolutionnaires.


La promesse de bitcoin c'est de devenir une institution sociale auto organisée bien plus performante et juste que les monnaies actuelles administrées par les institutions politiques.


Nos systèmes économiques sont extrêmement complexes, et génèrent énormément d'informations parfois contradictoires, par conséquent imaginer qu'un gouvernement, puisse prendre les bonnes décisions à la place de l'intelligence collective du marché libre est la grande imposture intellectuelle des courants idéologiques étatistes.


Mais en politique, la compassion dangereuse, l'illusion morale, la paresse intellectuelle ou encore la rouerie, sont malheureusement des attitudes bien plus couronnées de succès que la rigueur intellectuelle.


Les libéraux ont bien compris, que l'illusion morale peut amener à prendre des directions certes bonnes dans le temps présent, mais mauvaises sur le long terme.


Il faudrait une très grande force morale de l'ensemble de la classe politique sans exception pour lutter contre cette tendance naturelle à la centralisation.


Tout ça pour dire, que la radicalité n'est pas à chercher chez bitcoin, mais bien dans la centralisation de nos démocraties, et au premier chef à la centralisation de nos monnaies.


A partir de ce constat, bitcoin propose juste de revenir à une monnaie qui serait une autorité morale, insensible aux tentations auxquelles les Hommes n'ont jamais su résister dans l'Histoire.


Ce n'est pas quelque chose de foncièrement nouveau, puisque l'Or a parfaitement joué ce rôle pendant des siècles, jusqu'à rencontrer des limites inhérentes à sa nature physique, que les Etats ont essayé de solutionner via la monnaie fiat. Toutefois, cette solution monétaire a aussi créé énormément de désordres monétaires, moraux, sociétaux et économiques.


L'impact écologique positif d'une monnaie naturelle


Le système monétaire fiat a complètement changé notre préférence temporelle. Le jour où nous reviendrons à une préférence de l'épargnant sur l'emprunteur, nous aurons une chance de conduire une politique écologique efficace.


Une monnaie marchandise dure naturelle, permet de diminuer le nombre et l'ampleur des cycles économiques.


A chaque boom et contraction des crédits, le gâchis est incommensurable.


Nous pourrions économiser des ressources naturelles et émettre moins de CO2, en passant d'une croissance artificielle en accordéon perfusée à la dette, à une croissance organique stable, continue et plus qualitative.



Echec et mat avec le roi bitcoin et la reine blockchain


Maintenant, je vais essayer de vous expliquer pourquoi les blockchains sont révolutionnaires, et pourquoi même si bitcoin devait échouer dans sa proposition de transformation du système bancaire et monétaire, il y aura sans doute une profonde transformation plus ou moins forcée un jour des secteurs bancaires traditionnels et de la monnaie-dette.


La révolution n'est pas que technique, elle sera aussi un jour ou l'autre de nature juridique. Le droit, c'est ce qui fait qu'historiquement notre système bancaire-monétaire fonctionne mal aujourd'hui. Le système actuel est "un colosse aux pieds d'argile" dans le droit.


L'impossibilité technique d'individualiser les unités monétaires


Le bocal rempli de pâte sur la photo ci-dessous, c'est la cause de 100% de nos problèmes bancaires, monétaires, et disons 50% de nos problèmes économiques, depuis plus d'un siècle maintenant.


C'est le péché monétaire occidental.


Si vous déposez une pâte dans ce bocal, et que vous me demandez de vous la rendre, vous ne vous attendez pas à ce je vous rende la pâte que vous avez déposée, mais seulement une pâte du bocal, c'est à dire n'importe laquelle.


Ce postulat est vrai car ces pâtes sont fongibles.


Comme ces pâtes, la monnaie est fongible.


Ce qui est fongible ne peut pas être "individualisé".


Lorsque vous faites un dépôt à votre banque, puis que vous faites un retrait, les euros n'ont pas été individualisés, par conséquent vous avez des euros, et pas vos euros déposés initialement. La banque est dans l'impossibilité technique à l'ère du numérique d'individualiser vos euros scripturaux. Ce ne sont que des 0 et des 1, copiables sans distinction, sans individualisation. Ce n'est qu'une information sur les serveurs de la banque sans droits de propriétés en votre faveur. Ce système, c'était le Graal monétaire, pour le système bancaire et les Etats.


2009 : début de l'obsolescence de la monnaie scripturale


Avec la chaîne de transactions signées byzantine répliquée, la monnaie scripturale est devenue du jour au lendemain une technologie obsolescente.


La monnaie scripturale, n'était en fait qu'une sorte de "proto-monnaie", de l'ère du numérique. Un simple registre informatisée pour chaque banque.


Désormais, on peut numériser la valeur tout en gardant son unicité comme dans le monde physique avec le cash. Avec la monnaie numérique, on peut désormais individualiser et tracer chaque unités, tout en gardant son caractère fongible, et transférable. De la monnaie "phygitale" en somme.


La monnaie qui souffrait d'un fonctionnement archaïque, a fait un bond technologique de plusieurs siècles car les registres sont apparus bien avant les billets de banque, avec les premières banques.


Je ne sais pas si c'est encore évident pour tout le monde, mais cette innovation technologique finira tôt ou tard par révolutionner le système bancaire et monétaire.


Pour les banques et les Etats des pays occidentaux, on peut raisonnablement penser qu'un des objectifs à court terme, ça sera que la monnaie reste dans cette impossibilité d'individualisation (pot commun). C'est ce qui me fait dire que l'euro numérique de détail ne verra pas le jour tout de suite.


Aux origines de la monnaie-dette, une faute morale


Le système bancaire est lucratif du fait de l'impossibilité de pouvoir suivre les unités monétaires individuellement.


Jadis, cette impossibilité de nature technique, c'est ce qui a permis de motiver une pratique immorale. Au cours de l'Histoire, les banques ont régulièrement été tentés de violer le droit traditionnel de propriété, et d'utiliser pour leur propre compte l'argent des déposants. Au début, c'était une pratique honteuse et punie par la loi, puis ils obtinrent la légalisation de cette pratique.


Lorsque vous faites un dépôt de monnaie sur votre compte, ce n'est pas un simple service de garde, il se transforme en prêt à la banque en votre faveur. Il y a un transfert de propriétés et un droit d'utilisation en faveur de la banque de vos dépôts.


Hayek disait : "l'histoire du traitement de l'argent par le gouvernement a été un exemple permanent de fraude et de déception. Les gouvernements se sont montrés, à ce sujet, beaucoup plus immoraux que n'importe quelle institution privée ayant pu proposer de l'argent compétitif".


Le privilège des réserves fractionnaires


Maintenant que votre dépôt a été transformé en prêt grâce à l'impossibilité technique et juridique d'individualiser chaque unité monétaire, la banque peut disposer librement de l'argent déposé pour ses affaires particulières.


Et, c'est ce privilège historique qui a permis la construction d'un système monétaire fondé sur le coefficient de réserve fractionnaire. Le système de réserves fractionnaires est un système bancaire où les banques ont le droit de prêter, par des jeux d'écritures, de l'argent qu'elles n'ont pas.


Le modèle de réserves fractionnaires fait l'unanimité contre lui chez les libéraux et surtout ceux de l'école autrichienne. Pour beaucoup, et sans exagération du tout, c'est ce système, la racine d'une bonne partie des crises économiques ou de l'inflation.


La disponibilité des dépôts et la nécessité d'un prêteur en dernier ressort


Le modèle de réserves fractionnaires soulève le problème de la disponibilité des dépôts. Comme les dépôts deviennent juridiquement des prêts en votre faveur, ils perdent la notion de disponibilités immédiates.


Cette redéfinition du concept traditionnel de disponibilité des dépôts, s'apparentait à un saut dans le vide. Les banques ont très tôt pris conscience que ce modèle de réserve fractionnaire était instable et dangereux pour leur survies en période de crises. Ils ont donc exigé et obtenu la création des banques centrales, prêteuses en dernier ressort.


La "Currency School" avait pourtant gagné la bataille d'influence


Les réserves fractionnaires sont une faillite idéologique du droit de propriété. Si les gouvernements avaient mieux défendu les droits de propriété des déposants, le modèle de réserve fractionnaire et les banques centrales n'existeraient pas.


Rendons à César ce qui est à César, au début les gouvernements ont eu le ferme intention d'interdire les systèmes bancaires basés sur les modèles fractionnaires, en obligeant la garantie à 100%. On peut citer par exemple la loi de Peel (1844) en Grande-Bretagne. Sauf, que cette loi ne concernait que les billets de banque et pas les dépôts bancaires, car ils n'avaient pas encore compris que les dépôts bancaires jouaient le même rôle que les billets émis sans la garantie correspondant de monnaie métallique. Ce raté législatif, aura sans doute été un tournant dans l'histoire monétaire au profit de la "banking school", alors que la "currency school" avait pourtant gagné la bataille des idées auprès du législateur.


Les cycles économiques et l'importance de l'épargne


Pour les économistes du courant autrichien, c'est ce système de réserve fractionnaire et de création monétaire qui engendre de façon endogène, inévitable et récurrente, des crises bancaires, des crises économiques, de l'inflation et des récessions.


Ils estiment qu'il existe une connexion entre les phénomènes monétaires et les phénomènes réels. Cette connexion n'est pas totale comme le pensent les monétaristes, mais cette connexion n'est pas non plus inexistante comme le pensent les keynésiens.


Pour les autrichiens, pour que le crédit ne dénature pas la structure productive, il doit provenir préalablement de l'épargne volontaire.


Tant que la structure temporelle de production choisie par les entrepreneurs correspond au désir d'épargne des consommateurs, nous sommes en situation d'équilibre. Par contre, si de la monnaie est injectée dans l'économie, et transforme la structure de prix, l'équilibre peut être rompu, et le taux d'intérêt de marché peut baisser au-dessous du taux naturel, ce qui suscite une augmentation de l'investissement.


Le coût d’opportunité du crédit baisse et les agents sont incités à investir dans des projets non-rentables pour lesquels la demande n’existe pas. En envoyant un faux signal de rentabilité aux agents, la chaîne de production s’allonge via une allocation non-optimale des ressources orientée vers la production de biens d’équipement plutôt que vers les biens finaux.


Du fait de l’accroissement de l’offre de crédit, la consommation augmente à son tour, stimulant artificiellement une nouvelle fois la demande de biens d’équipement.


Lorsque la banque centrale prend conscience de cette situation, elle élève son taux d’intérêt, l’offre de biens d’équipement devient alors supérieure à la demande, leurs prix baissent. La demande se déporte alors vers les biens de consommation dont les prix augmentent.


Or, à cause des choix précédents des agents qui ont décidé de produire des biens de production, on assiste à une pénurie de biens de consommation, dont le prix augmente.

Les ménages réduisent leur consommation, et constituent une épargne forcée.


En Juin 2022, on est peut-être être à ce stade du cycle économique.


Le taux d’intérêt naturel baisse à nouveau. L’écart entre le taux d’intérêt naturel et le taux d’intérêt monétaire se creuse, et les déséquilibres sont amplifiés.


C'est le retournement de l'économie et la crise (récession).


En résumé, sans épargne volontaire, il n’y a pas d’investissements viables car le calcul économique est faussé. Les entrepreneurs sont les premiers lésés par ces cycles économiques d'expansion-contraction des crédits.


Monnaie vs Crédits


On l'a vu plus haut, les blockchains permettent désormais d'individualiser et de suivre les unités monétaires. C'est cette impossibilité avec la monnaie scripturale, qui justifiait le transfert de propriété, et donc la pratique des réserves fractionnaires.


Avec les blockchains, les citoyens des démocraties du Monde entier, qui seront de mieux en mieux éduqués sur les concepts monétaires grâce à l'écosystème crypto, vont à un moment ou un autre, à plus ou moins longue échéance, et plus ou moins facilement en fonction des pays, réclamer le retour à un système monétaire garantissant leurs droits fondamentaux de propriétés, ainsi que la disponibilité immédiate de leurs dépôts inhérente à cette propriété.

Si les mentalités évoluent dans ce sens, ça signifiera la fin du régime monétaire basé sur la banque et les crédits (banking school), pour un retour à un régime monétaire 100% monnaie (currency school). C'est la célèbre controverse entre ces deux écoles qui a eu lieu au 19 ième siècle, qui est en train de refaire surface avec l'émergence de la crypto.


Common law vs Civil law


Contrairement aux USA, l'Europe possède un droit codifié, il est donc probable que s'il devait y avoir un changement de paradigme un jour, ça soit d'abord aux USA.


Tout récemment, une actualité dans l'écosystème crypto m'a interpellée plus que les autres.

C'était un article US sur la plateforme d'échanges Coinbase. Coinbase a communiqué un nouveau risque auprès de la SEC, concernant les dépôts en crypto de ces clients en cas de faillite. Coinbase disait qu'en cas de faillite, ce n'est pas certain que les clients puissent récupérer leurs crypto hébergées sur leur plateforme. Dans le monde crypto, chez certaines plateformes (américaines en tout cas), malgré la technologie blockchain, vous n'êtes donc toujours pas propriétaire de vos dépôts. L'Histoire bégaie.


Le monde crypto est en train de prendre le même chemin que le système bancaire traditionnel, car derrière ce transfert de propriété, se cache demain (c'est peut-être déjà le cas), la possibilité de faire aussi des réserves fractionnaires en crypto.


L'autre possibilité, c'est qu'un jour la jurisprudence évolue, et que ces plateformes crypto qui sont d'abord des banques, changent le cours de l'Histoire du système monétaire.


Dans un système vicié...la vertu est dangereuse


Une toute autre information provenant toujours d'Outre-Atlantique a aussi attirée mon attention dernièrement. Dans le monde bancaire traditionnel cette fois.


En 2019, des petits malins (des anciens de la FED) ont eu la brillante idée de (vouloir) lancer une banque (The Narrow Bank) uniquement de dépôts, sans activités de crédits et sans réserves fractionnaires.


Pourtant, la FED a refusé leur demande de licence bancaire, sous motif que ce concept pouvait mettre en danger la stabilité du système bancaire.


Proposer un service sans risque aux investisseurs, c'est prendre le risque en période d'instabilité et de faible niveau de confiance dans les banques traditionnelles qui font de la réserve fractionnaire, de voir toute la liquidité migrer dans la banque la plus sûre et d'accélérer la crise de liquidités des autres banques.


Comme les taux négatifs, cet évènement devrait nous interpeller sur le fait que quelque chose ne tourne pas rond dans le système actuel.


Conclusion


Le génie est sorti de la bouteille, par conséquent, imaginer que cette technologie ouverte et à forte évolutivité sociale puisse être contenue dans la durée est une autre présomption fatale.


Nous avons une nouvelle technologie qui si elle est déployée largement, pourrait donner aux citoyens des opportunités réelles de revendiquer un changement du droit des dépôts bancaires. Et, le lancement d'un euro numérique de détail même plafonné, accélérait ce risque de déstabilisation du système bancaire.


A l'inverse, ne pas faire d'euro numérique de détail, c'est laisser le champ libre aux monnaies numériques privées (notamment au roi bitcoin), qui pourraient partiellement s'imposer même hors système (en monnaie complémentaire d'épargne par exemple), grâce à leurs caractéristiques natives exceptionnelles et spécifiques.


Dans un modèle bancaire sans réserves fractionnaires qui respecterait le droit traditionnel, il est probable que les banques centrales ou les Etats s'arrogeraient le rôle d'émetteur direct de nouvelles encaisses monétaires nominales (monnaie volontaire sans contreparties), ce qui n'est pas une perspective plus réjouissante.


Le problème majeur qui incite certaines personnes à acheter du bitcoin c'est la vendabilité médiocre dans le temps des monnaies fiat (érosion du pouvoir d'achat de la monnaie à cause de l'élasticité de l'offre).


bitcoin c'est de l'Or avec une meilleure vendabilité dans l'espace, ou de la monnaie fiat avec une meilleur vendabilité dans le temps. C'est la conjugaison du meilleur des deux mondes.


Je ne veux pas faire de pronostic hasardeux, mais dans l'Histoire, à chaque fois qu'une meilleure monnaie est apparue, elle a fini par l'emporter.

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